Laura Petrecca

Laura Petrecca est née à Buenos Aires en Argentine, où elle a suivi des études de cinéma. Elle a publié les recueils de poèmes Pensó que ya lo sabía (Buenos Aires,  Huesos de Jibia, 2008) et  Los barcos vuelven (Montevideo, La propia cartonera, 2010) ainsi que différentes textes et traductions dans des revues littéraires au Mexique, en France et en Angleterre.

 

 

Todas las veces frente a la boca del perro

el ruido es el mismo

 

la misma voz, el canto que falta

 

como cuando dormías,

estrellado al vidrio,

coronado de abejas en un designio privado

 

como quien sonríe en el piso que  se abre

aquél que sabe algo más

porque defiende los brazos que caen

 

y sonreír, entonces

es inevitable

 

como es inevitable también

no soñar durante guerra

 

y abrazado al estómago de una pantera

saber,

 

volviendo redondo sobre ella

amarrado al calor del peluche

 

donde sí vivió tu padre

 

 

 

Devant la bouche du chien

le bruit est toujours le même

 

la même voix, le chant qui manque,

 

comme quand tu dormais,

écrasé contre la vitre,

couronné d’abeilles dans un dessein privé

 

comme quelqu’un sourit sur le sol qui s’ouvre,

lui qui en sait plus

parce qu’il défend les bras qui tombent

 

et sourire alors

est inévitable

 

comme il est inévitable

de rêver pendant une guerre

 

et accroché à l’estomac d’une panthère

savoir,

 

en s’arrondissant sur elle,

amarré à la chaleur de la peluche

 

où ton père a vraiment vécu

 

Traduction : Irène Gayraud, Laura Petrecca

Extrait du n°8

 

 


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